JEUNEAFRIQUE reçoit JSB

Centrafrique : les ambitions de Jean-Serge Bokassa pour la présidentielle de 2020

L’élection présidentielle doit avoir lieu à la fin de 2020, mais les grandes manœuvres ont déjà commencé. De passage à Paris, l’ex-ministre se confie sur ses ambitions et sur sa famille, tout en réglant ses comptes avec son ancien allié, le président Touadéra.

Si le divorce est rarement une sinécure, il prend parfois, en politique, des airs plus radicaux encore. L’homme qui nous rend visite au 57 bis de la rue d’Auteuil était, il y a encore deux ans, l’allié du chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra. Candidat à la présidentielle en 2016, Jean-Serge Bokassa avait rejoint le futur vainqueur lors du second tour, en échange de l’un des postes les plus en vue du gouvernement : celui de ministre de l’Administration territoriale.

Mais l’histoire a vite tourné court, comme l’explique notre visiteur du jour, limogé en avril 2018 : « Je n’avais pas la confiance du chef de l’État, qui pouvait donner des missions contradictoires à mes propres collaborateurs, et j’ai fini par décider de ne plus me rendre aux Conseils des ministres. »

LES GROUPES ARMÉS ONT OCCUPÉ 80 % DE NOTRE TERRITOIRE SANS MÊME FAIRE LA GUERRE. LE PRÉSIDENT TOUADÉRA LEUR A CONCÉDÉ LE PAYS !

« Nous ne recevions pas les moyens suffisants pour tenir nos engagements et ramener la paix sur le territoire, affirme-t-il. On m’avait même interdit, alors que j’étais ministre, de sortir de la capitale ! » Le fils de Jean-Bedel Bokassa, l’ancien chef de l’État, poursuit sa revue de récriminations. « On a formé des hommes sans vouloir les projeter [sur le théâtre des opérations] et délégué notre souveraineté à des acteurs internationaux, comme les Nations unies, qui sont dans une logique de dialogue. Résultat : les groupes armés ont occupé 80 % de notre territoire sans même faire la guerre. Le président Touadéra leur a concédé le pays ! » Pire, glisse-t-il encore, les rebelles ont intégré l’appareil de l’État.

« Faustin-Archange Touadéra a passé un accord seul avec les rebelles. La conséquence, c’est un abandon des objectifs en matière de sécurité et de bonne gouvernance, et ce sont des petits arrangements avec les groupes armés qui ont pour but de sécuriser une réélection »

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